Jami,
Voici bientôt deux ans déjà... et j'aime écrire des mots et des phrases colorées que tu ne liras probablement jamais.
Je voudrais te parler de ma morale à moi, celle qu'au fil des années j'ai fait mienne.
Je crois que, lorsqu’on se marie, aucun des conjoints ne souhaite faire mal à l’autre. Les années passent emportées par le vent, comme les feuilles mortes et sans faire de bruit, une routine meurtrière s’installe. On prend l’habitude de toujours se justifier à son conjoint et tu le sais comme moi, à a force de devoir tout justifier, on finit par être acculé au mensonge.
Lorsqu’on s’est marié, on avait une certaine morale ; c’était la norme pour ne pas dire que c’était normal.
Quelques années après mon mariage, j’aurais pu parler à mon épouse de mes fantasmes
« Chérie, j’aimerais faire l’amour à deux femmes »
Comment cela aurait-il été perçu ? Elle serait devenue suspicieuse, aurait pensé que je pouvais passer à l’acte, et m’aurait certainement jugé.
Elle aurait continué à me juger toutes ces années car comme le disait Einstein « il est plus difficile de désagréger un préjugé qu’un atome ».
Jamais elle n’aurait pensé : « puisqu’il aimerait cela, je vais essayer de le réaliser pour lui faire plaisir ». Cette manière de penser n’est pas dans son schéma… mais est-ce dans le schéma de beaucoup de personnes ?
Pourtant une sexualité épanouie, dont les besoins sont différents d’une personne à l’autre, est indispensable pour se sentir vivant. Il est évident que lorsque un orgasme se déclenche en toi, fort comme un ouragan, tu te sens vivante, tu passes une bonne nuit, et ton bonheur se ressent dans les tâches que tu as à faire.
Mais voilà : quand tu sembles trop heureuse, cela inquiète ton entourage, et il commence à fouiner dans ta vie. « Pourquoi est-elle si heureuse ».
Lorsqu’on trouve enfin ce qui te rend si heureuse, on te met au banc de la société car pour elle, tu n’as pas le droit d’être heureuse de cette manière là.
Alors voilà, moi, je fais ma propre morale et j’ai envie de me sentir vivant. Alors, lorsque je caressais ton visage et que tes yeux se fermaient de plaisir, lorsque j’entendais ton rythme cardiaque s’accélérer quand j’effleurais ton sein, quand je t’arrachais un petit gémissement, lorsque je couvrais ton cou de baisers, je me sentais vivant et toi aussi.
Ca c’est ma morale.
Et si Dieu existe il nous jugera avec la même mesure que celle dont nous nous serons servis pour juger les autres. Il ne s’occupera de rien d’autre… enfin je crois.
J’aimais beaucoup quand tu partageais avec moi ce genre de réflexion. Ca nous faisait grandir et pour réfléchir comme nous le faisions, il faut beaucoup de maturité. Ca n'enlève rien à ton mari, ni à mon épouse, , mais à nous, çà fait du bien. Rompre la
routine est important et puis.... pouvoir en parler à quelqu'un que tu apprécies aussi.
Bisous
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